1953 – 1990 : L’école

Au départ l’école est une école de village. Les enfants de l’enclave juive ont leur propre institution scolaire. 

Très vite les familles nombreuses de la cité du relogement modifient les conditions d’enseignement. L’école tente de répondre à leur attente et tente de faire face aux problèmes particuliers posés par les familles nouvellement arrivées.

Tous les enfants se retrouvent ensemble sur les mêmes bancs, les différences d’origine sont oubliées. Tous les témoignages font état du dévouement des instituteurs.

 « J’étais institutrice à l’école de la Cayolle et les élèves vivaient dans le bidonville et dans les tonneaux du camp du grand arénas. C’était la vraie misère, quand les petits arrivaient à l’école, il en sortait des cafards. Bien sûr, ils n’avaient pas de salle de bain chez eux, même pas d’eau courante. Alors, le samedi, je les menais prendre leur douche au gymnase, je portais le savon et des serviettes ; après ils étaient propres comme des sous neufs !

Les élèves me connaissaient. J’aidais les parents et je leur apprenais tout, à lire, à écrire, à compter. C’était des CP et ils étaient curieux de tout ! Les jeudis, quand il n’y avait pas classe, ils venaient chez moi voir mes poules et les arbres du jardin, un cerisier, et comme ça ils apprenaient les saisons ! »

« Pour Noël, on faisait la crèche en classe. Il y avait un ancien élève déguisé en Père Noël pour distribuer les jouets. Ces jouets, j’allais les chercher au Secours Populaire.

Quand il y avait l’Aïd, les mamans portaient des gâteaux. On goutait avec les mamans.»

Témoignage de Christiane Nardini, ancienne institutrice