Avant de vous faire part d’une petite histoire et de mes réflexions, je tenais à remercier chaleureusement les huit personnes qui étaient présentes à notre rendez-vous citoyens. Avec la joie de voir de nouveaux visages, et ce petit groupe a comme à son habitude était d’une grande efficacité !




L’autre jour en allant faire mes courses chez Leclerc, j’ai croisé un homme qui jetait ses déchets par terre avant de fermer la portière de sa voiture. Il évacuait certainement l’accumulation de mouchoirs, cannettes qu’il n’avait pas eu le temps ou la volonté de jeter dans une poubelle. Il devait avoir la trentaine et, vu l’heure, il était sur le point de se rendre à son travail.
Énervé comme rarement, j’allais l’agresser verbalement, mais ayant eu de mauvaises idées de la faire dans le passé, et pour éviter des situations extrêmement pénibles, j’ai opté de faire le ménage et déposer ces détritus dans les poubelles largement réparties sur le parking ! Suffisamment calmement et en le fixant droit dans les yeux !
La question que je me pose et que je vous pose c’est : Pourquoi ces personnes qui ont tout à fait l’air honnêtes et pas méchantes ont parfois ce genre de comportement ?
En tant que membre de notre CIQ et « actif dans la commission propreté » Je me suis fait une liste de raisons qui peuvent expliquer ces gestes et peut-être des solutions pour les éviter.
1 : Qu’est-ce que j’en ai à faire de la pollution ?
Derrière ce postulat se cache l’idée que l’énergie que j’ai à perdre à aller déposer mes déchets dans une poubelle, je ne la regagnerai pas ailleurs sous une autre forme. C’est un mauvais « deal » pour l’individu en question et il se débarrasse donc de son lest dès que possible.
Ces personnes n’ont pas été sensibilisées ni même habituées à se comporter différemment. Résultat : elles usent d’un pragmatisme destructeur. Pour elles, il vaut mieux se débarrasser d’un déchet maintenant que de le porter avec soi comme un fardeau en attendant la prochaine poubelle.
Suggestion
Créer l’idée qu’il y a plus à perdre qu’à gagner.
On veut que les villes soient propres, sans mégot, sans papier, sans plastique par terre ; verbalisons les personnes qui ont les mauvais comportements.
Avec la menace de se faire verbaliser, on créera (peut-être) chez la personne prête à jeter son détritus une hésitation. On rompt ainsi la mauvaise habitude ancrée chez les personnes les moins sensibles au sujet de la pollution.
Avec une police des déchets dans les parages, sera-t-il mieux de gagner 2mn en se débarrassant du détritus maintenant ou le garder 5mn mais économiser 68€ en amende plus tard ?
2 : Un mégot ou un petit papier pollue-t-il vraiment ?
Sous-entendu, mon acte a très peu de conséquence. Je considère que son impact est négligeable voire nul. Face à cet argument, il y a 2 problèmes :
Le premier, les personnes qui ont ce comportement ne réalisent pas l’impact de leurs actes avec exactitude. Jeter ses déchets par terre est un geste très souvent automatique c’est-à-dire que les personnes le font sans réelle conscience. Par conséquent, elles ont tendance à répéter cette action à chaque fois qu’elles se retrouvent dans un environnement précis.
Multiplier cela par des dizaines de milliers d’individus qui pensent également que leurs petits gestes n’ont aucun impact et voici comment toutes les rues de nos villes finissent infectées de canettes, mégots, papiers, bouteilles plastiques et autres détritus « négligeables » à l’échelle d’une personne mais dramatiques à l’échelle d’une population.
Enfin, le second problème de ces gestes qualifiés de mineurs repose sur la preuve sociale. La preuve sociale est un principe de psychologie sociale. Selon ce principe, un individu ne sachant quoi faire ou quoi penser, aura tendance à adopter le comportement ou le point de vue d’autres personnes.
C’est à cause de la preuve sociale que certaines personnes jettent des déchets dans la rue sans remords en se disant que : « de toutes façons les rues sont déjà infestées de déchets. Un de plus ou un de moins… ». Comme les gens le font déjà, il n’y a pas de problème à ce que je le fasse aussi.
C’est toujours pour la même cause, qu’un enfant grandissant en ville aura tendance à penser qu’il est normal de voir des déchets par terre et qu’il est donc normal d’en jeter n’importe où puisqu’ils sont déjà là.
Vous comprenez alors qu’un papier à priori sans conséquence peut, avec l’effet de masse et l’habitude, devenir une montagne de déchets et de problèmes à gérer pour toute une population.
Suggestion
Selon la preuve sociale toujours, il est plus difficile psychologiquement d’être le premier à faire un écart que le dernier. Une astuce à la pollution dans nos rues consisterait donc à débarrasser le plus de quartiers possibles de la moindre trace de déchet pour inciter les nouveaux passants à laisser les rues propres.
Ces actions, on peut les faire soi-même sans l’aide de la ville. Personnellement, je marche souvent dans notre quartier, et je ne me déplace pas sans mon sac, mes gants et ma pince, ainsi je ramasse un maximum de détritus que je trouve sur mon chemin quand j’en croise. D’ailleurs, je vous incite à le faire, vous verrez…… Cela fait du bien ! Je ne fais pas cela pour me donner bonne conscience ou pour éradiquer la pollution. Je fais cela principalement pour que les futurs passants aient l’impression que la rue est propre quand ils la trouvent ce qui les incite involontairement à la laisser telle quelle. On préserve un cycle vertueux.
Plus généralement, les villes ont été dénaturalisées pour le confort de l’homme sans réaliser que cela a déposé en nous une idée effroyable : les villes ne méritent pas d’être préservées autant que la nature. Notre confort devient le seul facteur dominant nos décisions quitte à transformer notre habitat en une déchetterie ambulante.
Suggestion
Ramener la nature au centre des villes.
Créer des espaces qui nous rappellent que la planète sur laquelle nous vivons est faite de flore indispensable à notre bien-être et à notre survie. Que nous devons accepter de cohabiter non seulement avec les hommes mais avec tous les autres êtres vivants sur terre. En ramenant le vrai monde dans nos villes, on re-sensibilise chacun pour progressivement changer les comportements.
Enfin, je vous rappelle qu’une fois par mois, le premier Jeudi du mois, nous sommes des bénévoles du quartier à se donner rendez-vous devant la station de bus de LECLERC à 9h30…… pour nettoyer nos rues. Temps de nos interventions maximum 2h. Venez nous rejoindre ? Prochain rendez-vous le jeudi 09 Janvier 2025.
Bonne fin d’année à tous,
R.F.
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C est très bien ce que vous faites